Ode à la patience

Patientia, déesse romaine


J’ai longtemps été impatiente. Dans le dossier de candidature de ma formation de thérapeute, ça fait partie des défauts que je voyais en moi que j’avais mentionné. J’ai cheminé depuis, même si mon impatience me rattrape parfois…
Notre société valorise la rapidité, consommer de manière immédiate, obtenir des résultats rapides, et juge souvent de la performance selon le critère de la rapidité. Les nouvelles technologies ont accentué cette tendance: toujours plus de débit pour obtenir tout de suite une information, acheter un bien en 3 clics, avoir les informations en temps réel, etc.

Le domaine de l’accompagnement n’échappe pas à cette tendance et dans le processus de guérison, on valorise aussi beaucoup les thérapies brèves, les coachings éclairs, au plus vite on obtient des résultats au mieux c’est.

Je ne remet absolument pas en question la puissance d’un accompagnement bref, j’ai des retours de clients qui après une ou quelques séances de constellation familiale se sont vus réellement changer en profondeur et ça me touche beaucoup.
J’aurais juste envie d’honorer la patience. Certains processus demandent du temps.
Cette patience qui permet de cheminer pas après pas pour retrouver son entièreté,
cette patience qui permet d’apprivoiser les blessures, les traumas, les ombres, les parts clivées, les amnésies, le manque d’amour,
cette patience qui permet de ne pas se décourager quand on a l’impression d’avoir déjà travaillé 20 fois le sujet,
cette patience qui fait rompre les digues,
cette patience qui respecte le rythme d’éclosion et de maturation,
cette patience qui va permettre de faire le petit pas supplémentaire qui permet d’aller à l’endroit tant attendu depuis si longtemps.


La patience est une des manifestations de l’amour. Etre patient c’est se donner de l’amour.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.