Coacher avec empathie : l’art double de la plus grande proximité et de la distance sacrée

empathie
 
“L’empathie c’est, à la vitesse de l’éclair, sentir ce que l’autre sent et savoir qu’on ne se trompe pas, comme si le cœur bondissait de la poitrine pour se loger dans la poitrine de l’autre.
C’est l’art double de la plus grande proximité et de la distance sacrée.
Sans le cœur, il n’y a pas d’empathie, car avoir du cœur, c’est sortir de soi, mais il faut ressentir l’autre jusqu’à presque le devenir, il faut en même temps maintenir une distance sous peine de sombrer dans la fusion.”
 
~Christian Bobin~

Les pépites du chemin

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Le long du chemin de Saint Jacques de Compostelle que j’ai emprunté sur 850 km cet été, j’ai reçu beaucoup de cadeaux, des pépites que j’ai gardées dans mon coeur, en voici l’essence de quelques unes:

Le dépouillement

Marcher des centaines de kilomètres et porter son sac sur le dos avec toutes ses affaires pendant de longues journées, en voilà une drôle d’idée… Et pourtant l’idée de porter son sac m’a attirée car elle m’a questionné sur mes besoins: avec quoi avais-je absolument besoin de partir ? Qu’est ce qui est essentiel, qu’est ce qui est superflu ? Quelle peur je porte dans mon sac : d’être mouillée, d’être malade, d’avoir froid?

Me voilà déjà en chemin vers moi-même, mes besoins, mes priorités, mes peurs avant de fouler le premier pas sur le chemin… Me dépouiller pour mieux me rencontrer…

Au final je pars avec 6,5kg d’affaires, en y ajoutant l’eau et le pique-nique c’est 8kg que je porte avec moi chaque jour.

L’intelligence du corps

La marche offre un repos pour le mental, assez rapidement, la tête se met au repos, les pensées s’apaisent pour laisser l’espace à l’instant présent, rien à anticiper, rien à prévoir, simplement un pas devant l’autre, être présent, ouvrir ses sens et communier avec la nature, se reconnecter à soi et à ce qui nous entoure. Perdre la notion du temps, gagner la saveur de l’instant…

L’intelligence du deuxième cerveau, dans notre ventre se met en route et c’est le corps qui décide: quand s’arrêter, jusqu’où aller, quand manger, se synchroniser avec le rythme du soleil…  Le corps sait exactement ce qui est juste pour lui, certains jours ce sera 20 km, d’autres 30km, tout dépends de l’énergie du jour et c’est un cadeau d’avoir l’occasion de l’écouter en dehors de toute contrainte de rythme souvent imposé dans notre quotidien.

La fluidité

j’ai aussi découvert sur le chemin que lorsqu’on choisit de se laisser porter par le chemin, et qu’on fait confiance, tout est facile, tout ce dont on a besoin vient:  un endroit pour dormir, une rivière pour se baigner, un stand avec des thermos de café et des fruits juteux avec le panneau “servez-vous”, la fraîcheur d’une belle église, une fontaine, …

Les rencontres se font aussi avec énormément de fluidité, on quitte une personne qui s’arrête là pour le moment, on en retrouve une autre, des groupes se forment, des amitiés se nouent, on vit la rencontre dans l’instant, sans attente, on rit, on chante, on échange sans masques, tous marcheurs, tous pèlerins, tous en route vers la même direction.

Ça a été une clé pour moi de sentir qu’en vivant vraiment sans attente, en faisant confiance simplement à l’instant, c’est là que les plus beaux moments étaient vécus.

Lorsque l’engagement d’avancer dans sa direction se couple avec le lâcher prise, se développe alors une confiance inébranlable et une paix intérieure, comme portée par une force bien plus grande que sa petite personne.

Goûter la détente dans la douleur et dans l’inconfort

A force de porter 8 kg sur le dos, à la longue, il y a eu des moments où les épaules me lançaient et où les muscles se raidissaient. J’ai pris le parti d’accepter la douleur, complètement, de l’accueillir et de ne pas y ajouter de la souffrance en me plaignant ou en ruminant.

De même, une fois où il pleuvait à verses dans le Pays Basque, j’ai décidé après quelques minutes de lutte contre cette pluie qui me trempait, de complètement accepter de me laisser tremper, accepter que ce soit ma réalité à cet instant.

C’est alors que la détente s’installe, quel cadeau de sentir que je peux me détendre dans l’inconfort, dans la douleur plutôt que lutter contre. J’en ai même ressenti de la joie: je peux me détendre dans l’inconfort, just singing in the rain !

La joie

Sur le chemin, j’ai goûté à la joie, comme un réservoir qui s’est de plus en plus ouvert, comme un barrage qui s’ouvre, j’ai eu accès à une joie intense et profonde et senti qu’elle venait de l’intérieur, qu’elle ne dépendait pas des circonstances extérieures, juste la joie d’être présente et d’être vivante et qu’il suffisait de s’y connecter, d’ouvrir le robinet pour y avoir accès.

L’émerveillement

Je retiens aussi de ce chemin un émerveillement quotidien, de voir à quel point la nature était belle, de me sentir envahie par la beauté de ce monde, comblée par ce que la vie m’offrait, connectée à ce qui m’entourait. Ce sont des petites choses qui connectent à la magie, le chant d’un oiseau, la fraîcheur d’une rivière, la joie d’un échange, le sourire d’une vieille dame,  la saveur d’un fruit cueilli, la beauté d’un papillon ou d’une étoile filante, je nous souhaite de prendre le temps de les voir ; où qu’on vive, la magie est présente pour qui veut bien y croire…

 

 

“Je ne suis qu’un piéton, rien de plus” Arthur Rimbaud

“On voit à la démarche de chacun s’il a trouvé sa route. L’homme qui s’approche du but ne marche plus il danse” Nietzsche

“Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme” Victor Hugo

“La nature nous parle mais nous ne savons pas l’écouter” Victor Hugo

 

Fuir ou lutter face à un inconfort… Et si une alternative était possible…

Lorsque nous faisons face à une difficulté, à un inconfort, notre réaction se limite souvent à fuir ou à lutter.
Fuir l’inconfort, refuser de le sentir, fuir la tristesse, la colère, fuir le danger, la peur qui nous tenaille.

Lutter contre ce qui ne nous parait pas aller dans la direction qu’on souhaite, qui n’est pas en ligne avec nos valeurs, lutter contre la violence, lutter contre les émotions douloureuses, lutter contre les souffrances physiques, la maladie, résister à ce qui nous envahit malgré nous.

Nous pouvons passer une vie entière à fuir et à lutter, à goûter entre temps des moments de plaisir jusque ce que ça recommence…

Et si une alternative était possible…

Face à un inconfort reste une autre voie, moins instinctive et plus courageuse qui est de se rendre, de s’abandonner à cet inconfort, de l’accueillir.
Plutôt que de voir cet inconfort comme un élément exterieur qui m’arrive à moi (pauvre de moi), je peux choisir de le voir comme un élément qui arrive pour une bonne raison pour moi, comme une information précieuse.
Prendre le temps de sentir dans mon corps l’inconfort, à quel endroit il se situe précisément, quel est mon ressenti, mon émotion, quelle information vient il me donner sur mon besoin à cet instant précis.
Me laisser traverser sans rien retenir par ce qui est là tout en gardant la présence dans le bassin, l’ancrage.
Me rendre, me mettre à genoux, lâcher les armes, m’abandonner…

Cela ne veut pas dire que je suis passif et défaitiste et que j’adhère à tout ce qui se passe autour de moi simplement j’assume de voir le monde extérieur comme un reflet de mon monde intérieur.

Et c’est là que l’engagement se couple avec l’abandon…
Je m’abandonne à ce qui est là ET j’en prends l’entière responsabilité.
Je reste le coeur ouvert face à la violence ET je travaille à faire la paix en moi
Je laisse la douleur physique me traverser ET je choisis de ne pas y ajouter de la souffrance
Je laisse couler ma tristesse ET j’écoute ce qu’elle me dit sur le besoin que je n’ai pas nourri
Je traverse ma colère, ET j’écoute aussi ce qu’elle me dit sur le besoin que je n’ai pas nourri
Je sens ma peur ET je décide de l’affronter
J’assume ma puissance intérieure et j’accepte qu’elle me dépasse

Je m’entraine à muscler mon engagement ET je me laisse porter

c’est un long chemin qui demande de la pratique et de l’engagement vous l’aurez compris et c’est un chemin merveilleux qui ouvre à une puissance intérieure, à la joie, et à la douceur.

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Traverser le feu

Après la traversée du désert et la connexion à l’immensité du vide, j’ai traversé hier le feu, une initiation puissante, en ce moment de fête celtique de Beltaine.

“Dans la mythologie celtique, Beltaine est le jour où les dieux prirent pied sur le sol d’Irlande et brûlèrent leurs vaisseaux pour ne pas être tentés de revenir en arrière. Beltaine marque ainsi l’engagement définitif, irréversible, et par là, la confiance dans l’avenir et dans la destinée.”

Traverser le feu c’est dépasser les croyances que “c’est impossible”, “je vais me brûler”, dépasser les peurs en ayant le regard fixé sur ce qu’il y a de l’autre côté, en ayant l’engagement de croire en soi, “je le peux, je le veux, je le fais”.

Traverser le feu, c’est laisser derrière soi ce dont on ne veut plus, ce dont on n’a plus besoin, laisser se consumer l’ancien pour laisser la place au renouveau, accepter ce cycle incessant de vie, mort, renaissance.

Traverser le feu c’est se connecter à son feu intérieur, à cette puissance incroyable de vie qui vit en nous.

Traverser le feu c’est découvrir cet espace immense qui se libère derrière la peur, un espace de joie débordante, un espace sans limites.

Alors quelle sera pour vous la prochaine traversée du feu, qu’elle soit symbolique ou rituelle ?

Pas après pas…

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Depuis que je parle autour de moi de ma reconversion, j’ai plusieurs personnes qui m’appelent, amis, amis d’amis,..  pour en savoir plus et je me rends compte à quel point nous sommes nombreux à rechercher un sens à notre activité professionnelle.

J’ai moi-même apprecié de me sentir moins seule dans cette quête avant de me lancer dans ce projet un peu fou, voici donc un témoignage qui j’espère parlera à certains en questionnement sur leur chemin.

Je travaillais depuis une douzaine d’année en entreprise dans de grands groupes internationaux et avais été nourrie de multiples projets, équipes, challenges que j’avais l’occasion de vivre,  un environnement international, plein de rencontres, des projets concrets à mettre en oeuvre, je n’avais pas le temps de m’ennuyer et travaillais regulièrement sur des sujets nouveaux ce qui nourrissait ma soif de découverte et mon envie de réaliser des projets.

Et puis arrive un moment où se pose la question de “à quoi bon toute cette agitation”, quel est le sens de ce tous ces efforts, quelle est ma contribution au changement que j’avais envie de voir dans le monde. Mon nouveau rôle de manager d’équipe me permettait alors de centrer mon énergie sur la dynamique d’équipe, sur la cohésion, sur le développement du potentiel de l’équipe en créant un environnement de confiance.

Mais restait la question du sens.
Le rachat de mon entreprise par un groupe américain a accéléré mon cheminement, en poussant la logique du profit à court terme à l’excès, le résultat trimestriel  devenant l’obsession pour satisfaire les actionnaires. Et puis toujours dans un souci de satisfaire l’actionnaire et de tenir les engagements de milliards d’économie annoncés lors du rachat, tombe la décision de licencier 10 000 des 60 000 personnes du groupe racheté dans le monde, dont mon poste et ceux de mon équipe.
Alors bien sûr j’aurais pu être mutée sur un autre poste me dit-on mais en étant directrice financière, je participais à ce système et je ne m’y retrouvais plus du tout.

C’était  pour moi à la fois un choc et un cadeau d’apprendre la suppression de mon poste, comme un signe de la vie me disant, il est temps pour moi de vivre autre chose, de nourrir mon besoin de sens et de recentrer mon activité sur l’humain. Les chinois utilisent pour décrire le mot crise les 2 idéogrammes de danger et d’opportunité. J’ai décidé d’y voir une opportunité.

Le coaching est venu répondre à mon intention d’accompagner en individuel des personnes ayant l’envie de révéler leur potentiel et aussi d’accompagner des groupes, de créer du lien, la dynamique d’équipe m’ayant toujours fascinée.

Depuis cette décision de janvier 2016 de me lancer malgré mes peurs, tout se met en place avec énormément de fluidité et de joie, la formation m’est recommandée par une connaissance, financée par mon entreprise dans le cadre de la restructuration, le projet se précise au fur et à mesure, les indemnités de licenciement me permettent de rassurer mon besoin de sécurité financière, les rencontres extraordinaires que je fais me nourrissent et le chemin se déroule pas après pas.

Bien sûr, tout n’est pas tout tracé, le lâcher prise s’apprivoise, les peurs aussi mais la décision vient du coeur et je fais confiance à mon coeur.